Chronique d’une disparition annoncée


La fin de l’e-learning est pour demain !

Ce titre, un rien provocateur, risque d’en faire sursauter plus d’un !  En effet, pourquoi annoncer la fin de l’e-learning alors que c’est le coeur de mon métier depuis plus de 5 ans ?  Simplement, parce que continuer à parler de e-learning est trop réducteur.

De plus en plus, je préfère aborder cette thématique sous l’angle de « l’utilisation des Tics » dans l’enseignement ou la formation.  Pour faire de l’e-learning aujourd’hui, il n’est plus nécessaire de disposer d’une infrastructure lourde soit en « hardware » soit en « soft ».  Ces solutions complexes restent cependant d’actualité, surtout dans un cadre institutionnel.

A côté de cela, n’importe quel formateur ou enseignant peut s’approprier les outils disponibles sur la toile pour développer des activités d’apprentissage qui intègrent les Tics.  L’e-learning est trop souvent synonyme de « développement de modules » à intégrer sur une plate-forme de formation ( LMS).  La médiatisation du contenu devient l’essentiel du travail de développement de la formation.  Cela débouche régulièrement sur une formation de type « déductive » où l’apprenant devient vite un « tourneur de pages ».  L’interactivité se résume à quelques quiz insérés aux moments-clés de la formation.

Dans ce type de dispositif, le rôle du formateur est également assez réduit.  Il est le « chef d’orchestre » car il fixe le cadre de la formation, transmet les informations essentielles pour arriver au terme de celle-ci; il devient éventuellement un peu « l’animateur » lorsqu’il remotive les apprenants, parfois « l’expert » qui répond à une question et souvent « le helpdesk » pour résoudre tous les problèmes techniques.

En tant que formateur, ce tableau est peu valorisant !

Quelle solution pour l’avenir ?

Dans un avenir très proche, notre public en formation proviendra de la génération Y dont les comportements nous semblent parfois tellement étranges.  La plupart des jeunes sont :

  • hyper connectés (sur Internet mais également par GSM)
  • multitâches (ils peuvent écouter un concert tout en visionnant une video sur youtube et en rédigeant un mail)
  • branchés consoles nintendo, xbox, wii…
  • bloggeurs
  • twitteurs
  • inscrits à Facebook ou autres réseaux sociaux

Malgré cela, ces caractéristiques ne développent pas ou peu :

  • leur capacité à bien communiquer, c’est-à-dire de façon efficace
  • leur esprit critique
  • leur capacité à collaborer

Les formateurs et/ou enseignants devront réinventer leurs activités sur base des supports d’aujourd’hui et de demain en vue de développer ou améliorer ces capacités citées ci-dessus.  Tout comme hier, le support de l’apprentissage était le livre, le tableau et, par la suite, les reportages ou émissions de TV, les supports de demain seront les vidéos de youtube, les slidesshare, les Serious game, le blog, les réseaux sociaux ou le mobile learning.

Cela permettra une pédagogie plus inductive dans laquelle les apprenants auront un rôle actif essentiel dans la construction de leurs savoirs, savoir-faire ou savoir-être.  Le formateur pourra également jouer pleinement son rôle puisqu’il sera le référent, l’accompagnateur, l’expert,… qui validera les travaux réalisés.

Comments
2 Responses to “Chronique d’une disparition annoncée”
  1. Caroline dit :

    J’aime beaucoup tes réflexions Odile. Il est un fait que l’enseignement tel qu’il est pratiqué actuellement ne correspond plus à ce qu’en attend cette fameuse génération Y et on peut les comprendre. L’enseignement reste très en retrait de ces nouveaux besoins et c’est dommage car démotivant pour bien des élèves, dés les primaires. Une psychologue spécialisée dans l’accompagnement des jeunes en phobie scolaire me faisait part il y a peu de l’aggravation du phénomène, causé, au moins en partie, par cette inadaptation.

  2. SWINNEN dit :

    L’e-learning réduit à un outil parmi d’autres pour l’instruction?
    OUI
    Quand on ne parlera plus d’e-learning en tant que tel, l’e-learning aura percé.
    Un exemple? Souligner « la première magistrate magrébine » n’intègre pas les magrébins, au contraire, il continue de renforcer la différence qu’on veut accorder.

    Pour répondre à Caroline:
    Voici la phrase d’entrée du colloque mondial de Bxl il y a qq semaines « what would be a school with happy children ? »
    froid dans le dos non?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

  • Blog Stats

    • 15,650 hits
%d blogueurs aiment cette page :