Où il est d’abord question de pédagogie !


Ces derniers jours, le Forum « E-learning, TICE, FAD » sur Viadeo a vécu quelques échanges engagés suite à l’article publié par e-doceo sur son blog.

Cet article met en évidence l’intérêt d’utiliser un outil de production e-learning pour « industrialiser » cette production permettant notamment d’obtenir « 40 h de formation en 10 langues en moins d’un mois » !  Cet extrait a évidemment fait réagir la communauté e-learning inscrite à ce forum.  Le but de cet article n’est pas de « mettre de l’huile sur le feu » de ces échanges mais plutôt de refaire le point sur l’aspect le plus important dans le développement de l’e-learning, c’est-à-dire, la pédagogie.

Ceux qui me liront et qui sont conscients que c’est l’essentiel lorsqu’on parle formation à distance peuvent évidemment interrompre ici la lecture.  Ils connaissent  les quelques liens que je suggérerai au cours de ce post.

Depuis quelques années,  nous utilisons comme Grégory, l’un des participants de la discussion, les produits e-doceo pour la réalisation de certains de nos modules.  Cela ne signifie pas que nous n’utilisons que cela !   En effet, d’autres produits de développement existent (eXeLearning, MOS, Scenarii…).   En outre, il n’est pas toujours nécessaire d’utiliser ces outils pour développer des séquences de formation.

Nous les utilisons pour produire des micro-modules qui présentent la « théorie » de façon plus interactive ou pour permettre à l’apprenant d’auto-évaluer ses acquis ou pour s’entraîner à appliquer certaines règles grammaticales par exemple.

Etre « condamnée » à suivre 40 h de formation  avec ce type de modules me semble une peine bien lourde pour motiver les apprenants !

L’outil doit rester à sa place, c’est-à-dire,  au bout de la chaîne de développement lorsque les pédagogues ont définis les objectifs de la formation et, sur base de ceux-ci, déterminés les activités à réaliser par les apprenants. Un module réalisé avec e-doceo ou autre outil similaire n’est souvent qu’un des éléments du parcours de formation.  Ce n’est pas parce que l’on propose à l’apprenant de répondre à un quiz, de cliquer sur certains éléments pour en savoir plus ou de relier des propositions ensembles que l’on crée une bonne formation à distance qui va impliquer l’apprenant dans sa formation.

Pour découvrir les éléments-clés d’une bonne formation à distance, je ne peux que vous conseiller la consultation du blog de Marcel Lebrun, professeur à l’UCL en Belgique ou de regarder les vidéos-discussion entre Christophe Batier et Marcel Lebrun.   Celle-ci envisage la question de l’alignement pédagogique et cadre tout à fait avec la discussion engagée sur le Forum de Viadeo.

J’aimerais cependant attirer l’attention des développeurs Web, qui ne souhaitent pas utiliser ce type d’outils « d’industrialisation » de l’e-learning, sur cet aspect du problème : ce qui manque aujourd’hui pour développer de façon exponentielle l’usage des Tic dans l’enseignement et la formation, c’est avant tout que les enseignants et les formateurs soient formés et s’y intéressent.

Pour cela, il faut leur « donner envie » : des outils tels que ceux proposés par e-doceo sont très accessibles à n’importe quel usager qui a une maîtrise de base des ordinateurs.  C’est la grande force de ces outils et, pour l’avoir expérimenté, les utilisateurs se les approprient facilement puisqu’ils sont d’abord et avant tout « ergonomiques » et pensés pour les pédagogues.

Comments
2 Responses to “Où il est d’abord question de pédagogie !”
  1. Bonjour Odile

    Votre billet est remarquable :

    – d’abord, dans la forme dans la mesure où vous évitez très clairement toute polémique et que vous soulignez l’intérêt (que je partage) des outils de développement proposés par e-Docéo

    – mais aussi, et surtout, sur le fond car vous exprimez parfaitement le nécessaire équilibre entre pédagogie et technologie pour que l’on sorte d’un débat, trop souvent stérile, sur l’industrialisation du savoir et ses miracles. Il s’agit , dans une approche ouverte de multicompétence, de construire et mettre en place des réponses opérationnelles et innovantes pour développer à la fois une individualisation de la formation « rationalisante » et une individualisation « autonomisante ». Ces formations ouvertes, et à distance quand c’est utile, doivent s’appuyer en même temps sur la motivation des apprenants et sur leur inter-action, entre apprenants, avec leurs e-tuteusr, avec leurs formateurs en utilisant les ressources et les outils de l’environnement personnel d’apprentissage. Sauf exception, une plate-forme de téléformation, avec ses grains pédagoqiques, ne peut pas constituer, à elle seule, un réponse adéquate et complète.

    C’est ce sens que j’anime des sessions de professionnalisation des acteurs de la formation en région Aquitaine, Auvergne, Languedoc-Roussillon et Midi Pyrénées… en m’appuyant ,aussi, sur quelques schémas fondamentaux proposés par Marcel Lebrun dans ses ouvrages ou ses diaporamas en ligne

    Cordialement – Jean

  2. dpndll dit :

    Merci pour ce commentaire élogieux ! Dans quelques mois, je pourrai sans doute écrire à nouveau sur ce sujet dans la mesure où je travaille en 2011 sur la mise en place d’un vaste projet de blended learning pour les demandeurs d’emploi qui sont en formation dans les centres du Forem en Belgique (équivalent de l’Afpa français).
    Je n’hésiterai pas à partager mes expériences à ce sujet.

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