Apprendre ? avant tout une histoire de communication


Echanger, regarder, écouter, lire sont toutes des activités qui nous permettent de nous enrichir voire d’apprendre.  La communication est au coeur de celles-ci.  Bien communiquer n’est pas toujours facile et cela implique toujours au minimum 2 personnes, l’émetteur et le(s) récepteur(s).  En formation à distance, le problème se complexifie car il s’agit avant tout de communication écrite.  Le fabuleux développement des medias sociaux nous montre que ce canal est de plus en plus utilisé.  Développer les compétences en communication écrite est un vrai challenge pour l’avenir.

Lorsque le sujet de la formation à distance est abordé avec des formateurs, l’isolement des apprenants apparaît comme un des arguments-clés pour rejeter ce type de dispositif de formation.  Apprendre à distance signifierait donc la rupture de la communication avec le formateur ou les autres participants du groupe !

Ceci peut en effet arriver dans certains dispositifs qui proposent uniquement du travail individuel, des modules « tourne-page » avec un accompagnement réduit voire quasi inexistant.  J’espère que ces offres de formation sont en voie de disparition au profit de scénarii pédagogiques riches en interactions…

Quelles interactions ?  Au début de la formation à distance, les outils pour favoriser les échanges étaient peu nombreux.  Cela se limitait généralement aux forums de discussion disponibles sur la plate-forme (le LMS).  Par la suite, sont apparus les blogs et les wiki dont j’ai déjà parlé dans d’autres articles.  Le blog est souvent considéré comme un lieu d’écriture personnel mais il peut s’inscrire dans une logique collaborative également : un blog peut être créé durant la formation et chaque apprenant devrait y rédiger au moins un article et commenter ceux des autres.

A côté de ces outils devenus presque traditionnels, le web 2.0 regorge à nouveau d’outils qui peuvent favoriser les interactions, en voici quelques exemples :

  1. Wetoku permet à 2 personnes de réaliser une interview via webcam et micro.  Cette video est enregistrée et peut être partagée ensuite avec un formateur ou les autres apprenants.
  2. Prezi : ce logiciel de présentation dispose de fonctionnalités collaboratives qui permettent une création à plusieurs et même en synchrone.
  3. Yammer : un outil de type Twitter mais réservé normalement aux membres d’une même entreprise sur base de l’adresse mail.  Cet outil permet également de créer des réseaux externes à l’entreprise ce qui ouvre des perspectives de type extranet.
  4. Pegby : la dernière découverte !  Ce site propose la création d’un tableau de bord personnel ou collaboratif afin de gérer les activités en cours, en attente ou terminées…
Dans un dispositif riche en interactions, l’objectif principal est toujours de viser la participation de tous aux activités proposées.  Chacun doit pouvoir s’exprimer sans crainte du regard ou des remarques des autres.  Pour cela, il est important de proposer des activités collaboratives dans lesquelles chacun prend conscience que sa production est indispensable à l’élaboration de la production finale.  La critique doit toujours être perçue comme positive et nécessaire pour s’améliorer.  Le rôle du formateur est évidemment fondamental puisqu’il doit fixer le cadre et proposer aux apprenants la co-construction du « règlement interne » au groupe de travail.

Certains formateurs hésitent aussi à occuper l’espace public Internet pour la création d’un blog, par exemple.  Ils invoquent essentiellement 2 raisons à cette réticence :

  1. les apprenants n’aimeraient pas écrire sur le web car tout le monde pourrait les lire.
  2. le manque de qualité de l’orthographe pourrait nuire à l’identité numérique des apprenants en recherche d’emploi.

Le premier argument est sans doute encore vrai mais il ne le sera plus très longtemps vu l’arrivée des jeunes générations.  Pour répondre à ces réticences actuelles, je pense qu’il faut mettre en avant tout l’intérêt de construire son identité numérique afin d’alimenter un portefeuille de compétences. Montrer que l’on maîtrise les compétences numériques est une vraie plus-value dans le cadre d’une recherche d’emploi.

Quant au deuxième argument, il peut facilement être dépassé si des indications claires montrent que la rédaction a été faite dans le cadre d’une formation qui permet d’améliorer ses compétences en orthographe. C’est en forgeant qu’on devient forgeron et c’est donc en écrivant qu’on peut envisager d’améliorer son orthographe surtout si une relecture par d’autres apprenants est encouragée avant publication définitive.  Le rôle du formateur est ici encore primordial afin d’organiser ce type d’activité.

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Comments
One Response to “Apprendre ? avant tout une histoire de communication”
  1. Patrick C. dit :

    Très intéressant, merci de l’avoir partagé!
    Cdlt,
    Patrick

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